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614E97046761D02DFF6BFC47FADE3901.taxon	description	(Figs 1; 2) Haec planta E. croizatii affinis est sed: primo, habitu majore (caulibus ascendentibus usque 6 m altis, contra 50 - 75 cm); secundo, foliis majoribus 45 × 22 mm contra 8 - 10 × 5 - 6 mm; tertio, spinis paene aequalibus singulisque contra spinis in circulo dispositis (3 - 5 minoribus circum unam proceram), praesertim differt. TYPUS. — Madagascar. District d’Amboasary, bush à Didiereaceae, environ 25 ° 00 ’ S, 46 ° 30 ’ E, 50 m, J. - B. Castillon 64 (holo-, TAN). AUTRES SPÉCIMENS. — Madagascar. Région de Fort-Dauphin, Andohahelo: Hazofotsy, 24 ° 50 ’ S, 46 ° 32 ’ E, 7. XII. 1988, Peter B. Phillipson 2827 (P [P 00220813]!; MO) et 27. XI. 1991, S. T. Malcomber 1091 (TAN!); Moyenne Mananara, 26. XI. 1931, Decary 9432 (P [P 00217865]!). DESCRIPTION Forme générale Arbrisseau épineux de grande taille, pouvant dépasser les 6 m de hauteur, ayant la forme générale d’un cône renversé. Racine fibreuse, non napiforme. Tronc de 10 - 30 cm de diamètre à la base, de 5 - 20 cm de hauteur, parfois presqu’entièrement enterré, très rapidement ramifié en 5 - 10 tiges principales ascendantes de 5 - 12 cm de diamètre. Tiges Grises, rugueuses, d’abord verticales, puis légèrement penchées, 3 - 6 m de longueur, peu ramifiées (des ramifications de 0,5 - 2 m de long largement espacées). Présence occasionnelle sur les vieilles tiges épaissies de bourgeons courts (brachyblastes) 15 × 4 mm, garnis au sommet d’épines minuscules (1 - 4 mm), surmontés d’un bouquet de 2 - 3 petites feuilles. Extrémité des tiges de diamètre 10 - 15 mm. Épines Épines (aux extrémités des tiges) 17 × 2 mm, grises, perpendiculaires à l’axe de la tige ou légèrement recourbées vers le bas, peu densément disposées, toutes de taille identique, solitaires, géminées de chaque côté des feuilles ou de leurs cicatrices. Les épines sont plus petites (5 - 10 mm), solitaires, encore moins densément disposées, parfois même quasi absentes au bas des tiges principales. Feuilles Généralement caulinaires et solitaires sur les 20 - 50 derniers cm des tiges, ou groupées par 2 à l’extrémité des brachyblastes, en moyenne 30 × 15 mm, jusqu’à 45 × 22 mm, ondulées, de forme ovale, acuminées à l’apex avec un mucron de 2 mm, de couleur variant du vert, vert turquoise au rose sur le dessus, vert clair au-dessous. Limbe lisse et de texture cirée caoutchouteuse. Pétiole court 2 × 1 mm, parfois inexistant. Nervation pennée, une nervure principale en relief sous la feuille, de couleur allant du blanc au niveau du pétiole à vert-rose à l’extrémité de la feuille, 8 - 15 nervures secondaires visibles surtout du dessous. Incyathescences Pendantes, courtes et capitées, formées de 8 - 20 cyathiums, disposées surtout vers le sommet des tiges, 2 - 5 subterminales, au-dessus des feuilles, souvent 4 - 5 autres caulinaires dans les 20 - 50 derniers cm des tiges sur de minuscules bourgeons qui généralement ne se développeront pas, ni en ramification, ni en brachyblaste. Pédoncule Pédoncule principal recourbé, 13 × 2 mm, vert, non collant, très légèrement velouté, avec au-dessus un sillon longitudinal, terminé par deux bractées vert-marron rectangulaires 3 mm large × 1 mm haut. Pédoncules suivants identiques mais plus courts. Ultimes bractées rouge bordeaux, triangulaires, 3 × 3 mm. Cyathium Bisexué en forme de cloche, d’environ 12 mm dans toutes ses dimensions, porté par un pédoncule vert de 4 × 1,5 mm. Cyathophylles Jaune-vert à la base, rouge bordeaux veinés de jaune à l’extrémité, 12 × 15 mm une fois aplatis, largement ouverts, à extrémité apiculée (1 mm). Involucre Jaune clair, conique à base arrondie, 4 × 4 mm. Glandes Cinq glandes jaunes, 2 × 1 mm, contiguës, trapézoïdales arrondies à réniformes, la lèvre extérieure légèrement plus haute que l’intérieure, lisses, à marges continues. Bractées interglandulaires Jaunes à la base, fimbriées, tachetées de rouge bordeaux à l’extrémité, repliées sur l’ovaire. Fleurs femelles Ovaire sphérique, 1 mm, légèrement poilu, rouge à la base, puis vert; 3 styles verts, droits, 3 mm, d’abord soudés en une colonne de plus de 2 mm, puis séparés, parfois bilobés à l’extrémité, terminés par des stigmates sphériques verts puis rouges en vieillissant. Fleurs mâles 15 - 20, apparaissant après la fleur femelle, émergeant des bractéoles blanches, à pédicelles et filets blancs longs de 1 mm, deux anthères jaunes par étamine. Fruit À 3 loges, de couleur bordeaux, à style persistant. Graines Non observées.	fr	Castillon, Jean-Philippe (2018): Deux nouvelles espèces d’euphorbes (Euphorbia L. section Goniostema, Euphorbiaceae) de la région de Fort-Dauphin, Madagascar. Adansonia (3) 40 (12): 163-170, DOI: 10.5252/adansonia2018v40a12
614E97046761D02DFF6BFC47FADE3901.taxon	discussion	DISCUSSION L’espèce la plus proche de E. gigantea est sans aucun doute E. croizatii Leandri dont les inflorescences sont similaires. Je ne connais cette dernière que par son type, sa description (Leandri 1946) et les plantes que l’on peut voir en culture (mais dont l’origine et l’identification ne sont jamais assurées), n’étant jamais allé à sa station type (Ampilira, 65 km au nord d’Amboasary), aussi ne pourrais-je donner que les différences basées sur l’observation de l’échantillon de Decary. La première différence, évidente, entre E. gigantea et E. croizatii est bien sûr la bien plus grande taille de E. gigantea (qui peut dépasser 6 m de haut contre 50 - 75 cm pour E. croizatii). Cette taille donne à E. gigantea le port d’un Alluaudia (A. procera (Drake) Drake, A. ascendens (Drake) Drake), avec des tiges longues et ascendantes, alors que E. croizatii est un petit buisson à tiges bien plus courbées. D’autres différences peuvent être notées: – les épines, densément disposées, de taille irrégulière chez E. croizatii où chaque grosse épine (12 - 18 mm) est toujours accompagnée par 3 - 5 autres plus petites (3 - 8 mm), le tout formant une petite bosse sur la tige, alors qu’elles sont bien moins denses, bien plus constantes en taille chez E. gigantea (15 mm), et solitaires; – les brachyblastes, abondants sur l’échantillon type de E. croizatii, sont bien plus rares et espacés chez E. gigantea; – les feuilles, 8 - 10 × 5 - 6 mm chez E. croizatii atteignent 45 × 22 mm chez E. gigantea. E. gigantea et E. croizatii sont donc proches du point de vue des inflorescences, mais chez de nombreux Goniostema ce sont plus les caractères végétatifs qui séparent les espèces que les caractères floraux. Ici, la différence de taille et de port entre les deux espèces, la séparation géographique des stations et l’absence de plantes à la morphologie intermédiaire justifient le statut d’espèce nouvelle.	fr	Castillon, Jean-Philippe (2018): Deux nouvelles espèces d’euphorbes (Euphorbia L. section Goniostema, Euphorbiaceae) de la région de Fort-Dauphin, Madagascar. Adansonia (3) 40 (12): 163-170, DOI: 10.5252/adansonia2018v40a12
614E97046761D02DFF6BFC47FADE3901.taxon	description	E. gigantea est le plus grand Goniostema connu actuellement. STATUT DE CONSERVATION Cette plante, que j’ai trouvée au bord de la RN 13 entre Amboasary et Ranomainty, semble aussi exister dans l’Andohahelo, vers Hazofotsy (collectes de Decary et de Phillipson), soit 20 km plus au nord, dans une zone bénéficiant d’une réelle protection du MNP. Sa zone d’occurrence est donc supérieure à 100 km ²; au moins trois populations sont connues mais il est probable qu’il y en ait plus car la zone est d’accès difficile et contrôlé. Les populations sont cependant assez petites (chaque population est formée de quelques dizaines d’individus pour une surface d’environ un millier de m ²). En l’absence de données sur le déclin des populations ou la diminution des zones d’occurrence ou d’occupation, les seuls critères évaluables reposent donc sur les localités connues et la taille des populations, aussi, au vu des critères de l’UICN (2012), un statut VU (D 2) me semble approprié.	fr	Castillon, Jean-Philippe (2018): Deux nouvelles espèces d’euphorbes (Euphorbia L. section Goniostema, Euphorbiaceae) de la région de Fort-Dauphin, Madagascar. Adansonia (3) 40 (12): 163-170, DOI: 10.5252/adansonia2018v40a12
614E97046767D02FFC32FDE6FB553EDC.taxon	description	(Fig. 3) Sicut E. geroldii E. tardieuanaque, haec Euphorbia non spinosus dumus est sed sequentibus characteribus praecipue differt: 1) caulibus minus latis intermiscentibusque, saepe recumbentibus et radices agentibus, foliorum basi 3 - 5 filamenta ferentibus super 5 - 10 cm ad caulium apices. 2) Incyathescentiis 1 - 3 terminalibus, quisque cum uno albo-viride cyatho. TYPUS. — Madagascar. District de Fort-Dauphin, montagne granitique vers Ranomainty, dans des lambeaux de forêt, 300 m, 25 ° 04 ’ S, 46 ° 36 ’ E environ, VIII. 2017, J. - B. Castillon 65 (holo-, TAN). ÉTYMOLOGIE. — Cette espèce est dédiée à Mme Valery pour ses contributions, discrètes mais nombreuses, à la connaissance de la flore malgache, dont la découverte de cette espèce. DESCRIPTION Forme générale Arbrisseau ou sous-arbrisseau non épineux, très ramifié, de 50 - 80 cm de haut. Tige Tige principale de 1 cm de diamètre à la base, à écorce relativement lisse, vert-marron tachetée de blanc. Tiges secondaires 10 - 50 × 0,3 - 0,5 cm, tortueuses, parfois entremêlées, sans direction particulière, parfois couchées ou retombant sur le sol où elles s’enracinent à nouveau, se terminant généralement en 3 - 4 ramifications ultimes de 6 - 10 cm. Les 5 - 10 derniers cm des tiges présentent des boursouflures formées des cicatrices rondes ou réniformes 3 × 2 mm des feuilles récemment tombées, entourées par des groupes de 5 - 10 stipules. L’extrémité des tiges porte une rosette de 2 - 5 feuilles, de nombreuses stipules ainsi que 2 - 3 incyathescences. Feuilles Soit caulinaires et rapidement caduques, soit persistantes et groupées par 2 - 5 en rosettes terminales, de forme ovale à rhomboïdale arrondie, 90 × 45 mm au maximum, 50 × 25 mm en moyenne, à extrémité généralement arrondie, avec un mucron de 1 mm; limbe lisse, vert foncé brillant sur le dessus, plus clair en dessous; marge continue, parfois légèrement ondulée; pétiole 5 - 10 × 2 mm, canaliculé, vert foncé au-dessus, blanchâtre au-dessous; nervation pennée, une nervure centrale blanchâtre en relief sous la feuille, 8 - 10 nervures secondaires généralement peu distinctes, parfois blanchâtres et alors nettement visibles. Stipules Piliformes souples, présentes uniquement sur les derniers cm des tiges, par groupes de 5 - 10 autour des cicatrices des feuilles, plus nombreuses à l’extrémité des tiges, rapidement caduques, 1 - 3 × 0,1 mm, gris-marron. Système incyathescentiel Subterminal formé de 1 - 3 incyathescences. Incyathescence Portant un unique cyathium bisexué (très exceptionnellement les boutons axillaires de ce cyathium peuvent se développer). Pédoncule Collant, vert, 12 - 18 × 0,5 mm, recourbé, se prolongeant en 2 cyathophylles. Cyathophylles Étalés, environ 7 × 7 mm, verts au niveau du pédoncule, blancs avec des traces jaunes ou vertes sur le dessus, rosissant en séchant, à extrémité légèrement apiculée. Involucre Conique 3 × 3 mm. Glandes Cinq glandes vertes puis jaunes à l’anthèse, elliptiques-réniformes, 2 × 1 mm, contiguës, étalées mais avec la lèvre extérieure légèrement plus haute. Bractées interglandulaires Vertes, à extrémités divisées en 5 - 7 languettes blanches translucides, recouvrant l’ovaire. Fleurs femelles Ovaire à 3 loges, blanc, 2 × 1,5 mm, glabre; 3 styles blanc-vert, 2 mm, arqués-ascendants, non soudés, divisés à l’extrémité en 2 lobes recourbés. Stigmates sphériques, blancs, translucides. Chez les cyathes âgés, les 3 styles se ressoudent en une colonne. Fleurs mâles Environ 10 - 12; filet et pédicelle de 1,5 mm environ, blancs; 2 anthères jaunes par étamine. Fruits Blancs, triloculaires, 4 × 3 mm, à style persistant. Graines Non observées. NOTE ÉCOLOGIQUE Cette plante pousse sur le flanc d’un inselberg granitique, dans une forêt semi-humide formée d’arbres feuillus, et non dans le bush à Alluaudia, sous une canopée de 10 m environ, dans des sols latéritiques recouverts d’humus. Elle ne voit quasiment jamais le soleil. Elle doit évidemment se multiplier par graines, mais son mode de reproduction prin- cipal semble être plutôt végétatif: ses tiges minces et souples courbent sous leur propre poids et touchent le sol où elles s’enracinent pour donner naissance à de nouveaux plants.	fr	Castillon, Jean-Philippe (2018): Deux nouvelles espèces d’euphorbes (Euphorbia L. section Goniostema, Euphorbiaceae) de la région de Fort-Dauphin, Madagascar. Adansonia (3) 40 (12): 163-170, DOI: 10.5252/adansonia2018v40a12
614E97046767D02FFC32FDE6FB553EDC.taxon	discussion	DISCUSSION Les affinités de cette espèce sont peu évidentes: son absence d’épines la rapproche des autres euphorbes non épineuses de la section Goniostema en provenance de la côte est malgache (E. geroldii Rauh, E. thouarsiana Baill., etc.) mais la simple absence d’épines, qui semble fortement corrélée à l’habitat en zones humides, ne me semble pas être un caractère de forte importance. Son port en petits buissons à tiges retombantes la rapproche de certaines euphorbes épineuses du sud malgache (E. beharensis Denis ex Leandri, E. mahafalensis Denis), ses pédoncules collants ainsi que ses larges cyathophylles la rapprochent du groupe de E. milii Des Moul., tandis que ses incyathescences toujours simples sont un caractère propre à l’espèce et qu’on ne retrouve chez aucun autre membre de la section Goniostema. STATUT DE CONSERVATION Cette plante a été trouvée dans un lambeau de forêt semihumide composée d’arbres feuillus, dans une zone dominée par le bush à Alluaudia et où ces forêts sont rares. Ses caractéristiques morphologiques, intermédiaires entre celles des euphorbes de zones sèches et celles des euphorbes de forêts humides, en font une plante adaptée aux zones de transition, comme les forêts de l’extrémité sud de l’Andohahelo, et il est probable qu’on ne trouvera cette plante ni dans les forêts humides de l’est de l’Andohahelo, ni dans le bush de l’Androy. Or les zones de transition n’occupent qu’une surface très limitée; la zone d’occurrence de cette espèce, ainsi que sa zone d’occupation, sont donc probablement très petites, ce qui est confirmé par le fait qu’aucune autre collecte n’en ait jamais été effectuée à ce jour, malgré les nombreuses recherches entreprises dans la région. Les données actuellement disponibles sur cette espèce, seulement quelques dizaines de plants dans une forêt dégradée, sans aucune protection, et sur une surface de quelques centaines de m ² m’incitent à considérer cette plante comme en danger critique d’extinction (CR B 2 a, b; D).	fr	Castillon, Jean-Philippe (2018): Deux nouvelles espèces d’euphorbes (Euphorbia L. section Goniostema, Euphorbiaceae) de la région de Fort-Dauphin, Madagascar. Adansonia (3) 40 (12): 163-170, DOI: 10.5252/adansonia2018v40a12
